Le cas de l'Australie et du Japon
Traiter du Japon et de l'Australie en même temps me semble être une excellente idée pour comprendre les mécanismes de l'évolution des mentalités sur la peine de mort. Ces deux pays ont une histoire très différente chacuns, mais à leur façon, ces deux pays insulaires sont marqués par la violence d'Etat.
L'Australie fut colonisée par les Britaniques qui en firent au XVIIIème siècle une colonie pénitenciaire. De nombreux criminels, parmi les plus dangereux de l'empire, y furent détenus. Après leur libération, la plupart des condamnés furent contraints à rester en Australie, et bientôt le peuple très hétéroclyte de cette île se révolta contre le gouvernement britanique et leur arracha l'indépendance. L'histoire du peuple australien est lié à la violence de l'Etat. C'est par rejet de cette violence que ce pays fut l'un des premiers à abolir la peine capitale en 1969, 12 ans avant la France.
En revanche, le Japon est l'un des rares exemples parmi les pays démocratiques à pratiquer encore la peine de mort. Le pays fut dictatorial jusqu'à la seconde guerre mondiale, la peine de mort fut culturellement admise, et sa pratique actuelle découle en partie de ce passé. Le Japon à d'ailleurs refusé le moratoire sur les exécutions lancé en 2008 par l'ONU.
En conclusion, nous pouvons donc observer une différence majeure entre deux pays qui ont pourtant connu une violence d'Etat de grande ampleur. La peine de mort est vue différemment par des populations de deux pays ayant tous les deux vécu des époques où les condamnations à mort étaient très répandues.
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