Le tragique XXème siècle
La question de l'abolition de la peine de mort est une question en suspend dans la France du début du XXème siècle. Car la Belle Epoque a été bouleversée par de nombreux changements de la société, la criminalité a connu une augmentation spectaculaire et les mouvements anarchistes ou communistes radicaux s'accompagnent parfois d'actions violentes. L'exemple le plus surprenant reste celui de la bande à Bonnot, dont les membres les plus actifs furent condamnés à mort.
La condamnation au bagne est sur de nombreux plans bien plus inhumaine et monopolise les contestations, le couperet semble oublié.
Pourtant, avec la seconde guerre mondiale et le traumatisme de l'occupation la peine de mort est dans toutes les têtes, pratiquée par la Résistance mais surtout l'occupation, et ce à des proportions gigantesque, avec des actes de barbarie et de torture. À la Libération, le débat sur la peine de mort ne pouvait que ressuciter. Et c'est en grâce aux idéaux de la Résistance, à majorité menée par les communistes, que la peine de mort est contestée plus que jamais. Cependant, l'opinion est toujours favorable à la pratique de la peine capitale, la cinquième république sera accaparée par la droite républicaine qui restera fidèle à la pratique de la peine de mort pour ne pas risquer de perdre le pouvoir. Cela fonctionnera jusque dans les années 80, l'opposition de gauche sera très divisée sur la question encore longtemps jusqu'au programme commun de la gauche élaboré en 1972.
Le livre m'ayant permis de composer cet article est : Bibliographie de l'histoire des politiques culturelles, France XXe siècle, P.Poirrier