L'engagement des écrivains français

Publié le par peinedemort-uha

Une grande partie des écrivains ont une position hostile à la peine de mort. Ils sont généralement engagés politiquement pour des causes humanistes. Avec le siècle des Lumières l'idée du contrat social et d'un Etat juste envers ses citoyens s'élabore. La littérature a toute sa place dans un débat sur la peine de mort.

 

Le mouvement des Lumières au XVIIIème siècle est peuplé de nombreux philosophes qui débattent sur la peine capitale. Un des exemples les plus connus est Candide de Voltaire (1694/1778), où l'auteur met en scène des condamnation par le bûcher par des prélats catholiques. <<Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, <<...>> il était décidé par l'université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler. >> Candide, Libro

 

Victor Hugo a toujours soutenu l'abolition, il sera député en 1848 mais jamais la seconde république ne décidera d'abolir la peine de mort. Le livre de Victor Hugo Le dernier jour d'un condamné est, lui, pleinement destiné à être lu comme un réquisitoire contre la peine de mort. L'auteur nous fait suivre les derniers jours d'un innocent condamné à la peine capitale. L'attente de la mort est en soi un châtiment, le prisonnier perd peu à peu espoir jusqu'à sa fin attendue. Voici les premières lignes de l'oeuvre de Hugo :

<<Voici ce que j'éprouve maintenant :
Une violente douleur de tête. Les reins froids, le front brûlant. Chaque fois que je me lève ou que je me penche, il me semble qu'il y a un liquide qui flotte dans mon cerveau, et qui fait battre ma cervelle contre les parois du crâne.
J'ai des tressaillements convulsifs, et de temps en temps la plume tombe de mes mains comme par une secousse galvanique.
Les yeux me cuisent comme si j'étais dans la fumée.
J'ai mal dans les coudes.
Encore deux heures et quarante-cinq minutes, et je serai guéri.>> Le dernier jour d'un condamné, édition Libro.

 

Albert Camus (1913/1960) s'engage politiquement très tôt, d'abord dans la résistance. Il s'implique beaucoup dans le journal et continue après la guerre, il eut des positions très fortes contre la guerre en Algérie et la peine de mort. Il rédigera L'étranger paru en 1942 dans lequel il raconte la condamnation en mort du personnage principal.

 

Il déclare dans <<Quand la suprême justice donnera seulement à vomir à l'honnête homme qu'elle est censée protéger, il paraît difficile de soutenir qu'elle est destinée comme ce devrait être sa foction, à apporter plus de paix et d'ordre dans la société.>> dans Réflexions sur la guillotine en 1957, (Gallimard).

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