La peine de mort dans l'antiquité
Pour étudier la peine capitale en Europe, il apparaît nécessaire de remonter aux origines de la civilisation pour mieux appréhender les avis différents sur la peine de mort. Durant l'antiquité certains points de vue sur la peine de mort peuvent apparaître très moderne, qu'ils soient en faveur de cette peine ou en opposition.
L'homme politique grec Callistrate (IVème siècle) défend la crucifixion car il soutient qu'elle remplit le double objectif de dissuader des crimes futurs et de soulager la douleur des victimes. Ces deux idées se retrouvent chez les antiabolitionnistes contemporains. Platon (environ 428-348) lui aussi approuvait la peine de mort dans le texte “Les lois” pour une politique juste.
Rome elle, eut une pratique très différente de la peine de mort qui évolua selon les époques. Avec l'élaboration progressive de la république, une loi sacrée de Rome affirme qu'aucun citoyen romain ne peut être mis à mort. Cicéron débutera une grande carrière d'avocat en condamnant l'homme politique Verres qui fit torturer et tuer un citoyen romain. Pourtant, au premier siècle avant J-C cette loi fut moins défendue et fut abandonnée avec l'avènement de l'empire en -27. L'empereur devint une personne sacrée et toute atteinte, directe ou indirecte à sa personne était punie de mort, le statut de citoyen romain ne protégeait plus contre la peine capitale.
La république romaine ayant décrétée une abolition de la peine de mort pour ses citoyens, c'est un exemple exceptionnel dans l'antiquité. De nombreux abolitionnistes plus tard dans l'histoire reprendront cet exemple pour défendre leurs opinions, notamment pendant la Révolution française.
Pour plus de précisions, voici des références bibliographiques sur le monde grec et latin de l'antiquité.
Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle, de Clisthène à Socrate - Nouvelle histoire de l'Antiquité t.2, Point Seuil Histoire
Histoire de la Rome antique, par Lucien Jerphagnon, Éditions Tallandier, 1987